jeudi 2 juin 2016

neuvième visite de contrôle et libération

en attendant notre tour

Lundi, Val avait à nouveau rendez-vous avec le chirurgien. Cette fois-ci seulement des tests locomoteurs, dernier check-up avant notre libération sous conditionnel. Le chirurgien lui a trouvé une sensibilité au niveau du jarret droit, mais rien au boulet. Donc on est reparties avec le saint Graal tant espéré : l'autorisation de sortie au pré. 
J'ai aussi pas mal de recommandations, Val doit être remise au travail très progressivement, mais il ne faut pas que je la laisse au pré sans la sortir régulièrement. Elle a besoin d'exercices d'assouplissement et musculation pour retrouver un fonctionnement normal et dépasser ses asymétries. Ce qu'elle ne fera pas seule, même au pré. Cependant, je ne dois pas reprendre une activité physique soutenue pour le moment (grosses sorties, randonnées, TREC, rallyes, endurances, etc...). Nous avons un ultime rendez-vous dans 6 mois pour avoir une autorisation de reprise des activités sportives.
La balance risque d'être difficile à trouver, je pense que ça va être difficile de se limiter en extérieur, heureusement ça nous laisse la possibilité de faire tout ce que nous faisions avant en carrière. De quoi déjà bien s'amuser !

juste pour vous montrer comment elle était svelte avant le pré

A peine rentrée à l'écurie et malgré la météo, j'ai mis Val au pré. Elle va y aller la journée pendant 2 semaines pour faire une transition à l'herbe et aussi ménager ses habitudes. 

J'ai d'abord fait le tour du pré avec Val en longe. Ensuite je l'ai laissé vagabonder un peu à sa guise, puis je l'ai détachée.


Je suis restée toute l'après midi pour observer ses interactions avec les autres juments. C'était très instructif, je pensais Val solitaire, car je l'ai toujours observée assez éloignée des autres chevaux, la réalité est visiblement plus complexe. Sur 5 h environ d'observation environ, elle a fait une demi douzaine de tentatives d'approche du troupeau. En statique, c'est vrai qu'elle passe 95% de son temps à l'écart des autres, plus ou moins loin. Par contre elle cherche vraiment à s'intégrer en allant à la rencontre des autres très régulièrement. Comme elle reste très dominée, ce sont de brèves excursions, dès qu'une jument couche les oreilles ou la chasse, elle repart au grand trot (souvent avec une petite figure de style au passage). Je n'ai pas eu l'impression que ces tentatives aient fonctionné, mais l'important c'est qu'elle continuait d'essayer et que les autres ne la pourchassaient pas. Elles sont restées en amas très fermé, avec la pouliche au centre, une jument qui donnait la direction à prendre et l'autre qui partait en pointe pour chasser Val quand elle approchait trop près. Val a quand même pu sentir la pouliche et les 2 juments à plusieurs reprises.

Finalement on est venu chercher la vieille jument qui reste totalement à l'écart du troupeau, ne cherchant pas à s'intégrer et étant chasser par les 3 autres, pour la remettre au box pour la nuit. Sur le coup, Val a fait le pur sang arabe des plaines sauvages, elle est partie au grand trot en secouant la tête dans tous les sens en voyant la personne arriver avec un licol. Mais Charlotte à peine partie depuis 1 min, Val a soudainement traversé le pré au galop pour l'appeler. Puis elle est venue me voir et m'a suivie jusqu'à l'endroit où j'avais posé le licol. Je l'ai rentré au box sans aucunes difficultés. Elle tremblait à l'arrêt et semblait très heureuse de retrouver son box au chaud et avec du foin. Comme quoi, on en fait vite des chevaux de salon !

bonne illustration du positionnement de Val par rapport au troupeau

mardi 31 mai 2016

back in the real life

16 mois plus tard, enfin, Val est retournée au pré

mercredi 25 mai 2016

Val crado

Val crado et ses copines

Après quelques vacances me voici de retour. Pendant ce temps, Val a glandouillé. Plusieurs facteurs m'ayant poussé à la laisser dans son petit paddock pour le mois de mai, d'abord les recommandations du chirurgien, et puis l'herbe extrêmement riche de mai. Le risque de fourbure étant très élevé pour une jument affamée restée plus d'un an au box. 
Ceci dit, elle a l'air tout à fait épanouie dans son rythme de vie, elle est calme mais très réactive. Au paddock elle ne fait plus de folies. Cerise sur le gâteau, les gérants ont réussi à lui faire perdre un peu de poids sans trop la rationner. C'est toujours ça de moins avant sa remise au pré. Dans la même optique Val s'est déjà faite de solides amitiés dans le troupeau de juments. Son ancienne colloc' Siwa nous ayant rejoint depuis début mai.

Rendez-vous avec notre chirurgien préféré lundi prochain pour le résultat. Le suspense est à son comble : aura t-elle enfin le droit de retourner au pré ?

démo au-dessus des paddocks de l'aérodrome voisin,
beau spectacle et bonne désensibilisation !

mardi 26 avril 2016

d'où vient la sensibilité des pieds nus ?

Avant toute chose, pour moi sensibilité veut bien dire douleur. Un cheval qui trébuche et a des difficultés à se déplacer est dans un niveau de douleur extrêmement élevé. Pour un animal de fuite, montrer ainsi ses faiblesses locomotrices est quasiment un acte de mise à mort, les potentiels prédateurs s'attaquant toujours aux plus faibles. Le mot "sensibilité" n'est apparu que très récemment dans la bouche des pareurs naturels pour minimiser ces douleurs aux yeux des propriétaires de chevaux. Ces douleurs sont-elles inéluctables ou non, cela est un autre débat dont je n'ai pas encore la réponse.

avril 2014, grosses douleurs sur chemins durs

Les signes de douleurs sont parfois difficiles à repérer. Chez Val cela se traduit par une vitesse moindre, une encolure basse et une expression faussement détendue : yeux mi-clos, oreilles relâchées mais bouche un peu contractée. En cas de doute, je la passe sur l'herbe et je vois de suite la différence : d'un coup elle se redresse, accélère et pointe les oreilles droites en avant. Val est en effet une jument très active, les signes de détente sont donc souvent trompeurs chez elle. Ceci dit les chevaux empathiques ou extrêmement calmes sont bien souvent des chevaux qui souffrent ou qui sont affaiblis, ce sont des attitudes suspectes.

Mais revenons au sujet de cet articles : quels sont les facteurs qui influent sur la sensibilité des pieds des chevaux ? 
Comme nous parlons d'êtres vivants, je ne suis sûre que d'une chose : on ne peut pas faire de généralités! D'ailleurs les professionnels quelque soit leur domaine qui appliquent un carcan théorique sur n'importe quel être vivant sont souvent à côté de la plaque. Je vais donc essayer d'extrapoler des pistes de réflexion à partir d'exemple que j'ai pu observer : l'influence des conditions de vie de Val sur la sensibilité de ses pieds d'une part, et la sensibilité observée chez d'autres chevaux vivants dans les même conditions que Val d'une autre.

Concernant l'évolution des conditions de vie de Val sur la sensibilité de ses pieds :
- vie au pré, non complémentée :
> aucune sensibilité et passe sur tous terrains (je ne fais pas d'allures sur les cailloux),
- vie petit paddock individuel boueux, alimentation concentrée :
> grosse sensibilité sur chemins durs (cf photo),
- vue en paddock collectif boueux, foin à volonté seul :
> pas de sensibilité sur chemins durs,
- vie au box, foin à volonté seul :
> pas de sensibilité, mais on marche quasi uniquement sur route, manque d'observation pour confirmer,
- box + paddock + chemin en graviers (trajet), foin à volonté seul :
> pas de sensibilité, mais pieds qui se déforment,


Concernant la sensibilité d'autres chevaux vivants dans les même conditions que Val :
Par même conditions j'entends : vie au pré ou au paddock avec même alimentation (même foin à volonté).
- Un paint horse et un fjord, avec même fréquence de sortie (2 sorties en extérieur par semaine), pieds nus depuis longtemps. Ils ont la même propriétaire qui les pare régulièrement seule (elle a appris auprès d'un Maréchal Ferrant).
> tous les deux très sensibles en extérieur été comme hivers (qu'ils soient au pré ou au paddock),
- une pur sang arabe de 12 ans, sortie 1 fois par semaine en carrière, jamais sortie en extérieur, pieds nu depuis toujours mais quasi sans entretien (2 parages MF "de pré" par an).
> aucune sensibilité en balade quelque soit les terrains,

Pistes de réflexions :
Le critère qui à l'air de plus jouer c'est la distance parcourue chaque jour par le cheval, vu que sur paddock boueux Val est moins sensible en groupe que seule, or en groupe elle bouge forcément plus. L'alimentation doit jouer aussi, mais on ne peut pas séparer nourriture et mouvement dans les cas que j'ai cité. Le fait que vivant au pré Val n'a pas de sensibilité à l'air d'abonder dans le sens de la nourriture à volonté et déplacements augmentés réduisent la douleur.

De la même façon le fait de sortir en balade ou non de façon hebdomadaire son cheval n'a pas l'air d'influer non plus sur la sensibilité. Je trouve ça assez logique que comparé au temps passé au pré ou paddock, des sorties de quelques heures chaque semaine ne jouent pas ou très peu dans la balance. Val et les deux sensibles sortent à peu près autant (2 à 3 sorties en balade par semaine sur tous terrains). A l'inverse la jument PS Arabe marchait sans soucis partout alors qu'elle ne sortait jamais en balade. Ce qui ne veut pas dire que sortir tous les jours son cheval sur terrains durs pendant plusieurs heures n'a aucun impact sur la sensibilité du pied, simplement que ça ne sont pas les conditions observées ici.

Concernant le parage, sur Val sauf parage raté qui créé de la douleur, le parage n'a pas l'air de jouer dans la sensibilité. Au tout début elle avait des pieds très longs et marchait très bien. Par contre ça jouait sur les tendons et aplombs vu les conséquences néfastes sur les tendons qu'a eu le premier parage beaucoup trop brutal. Le cas de la PSarabe laissée quasi sans parage à l'air de confirmer cette hypothèse : le manque de parage ne joue pas sur la sensibilité. En effet avec des pieds extrêmement longs, une paroi cassée et fissurée, des hauts talons et des fourchettes atrophiées elle n'avait pourtant pas de sensibilité, par contre elle avait des problèmes d'aplombs (cagneuse, asymétries, molettes permanentes).
Cependant le cas des deux chevaux sensibles pourrait aussi indiquer que le parage peut jouer un rôle sur la sensibilité au long terme et pas seulement lors d'un parage trop invasif. Vu leurs différences d'origines, on ne peut pas tellement mettre leur sensibilité sur le dos de la génétique. Le seul autre critère qui change dans leur environnement est le parage que fait leur propriétaire. Donc il y aurait peut être un lien entre un parage non adapté et la sensibilité des pieds sur le long terme.

Concernant la génétique, on voit quand même que la jument Pur Sang Arabe et Val (82% arabe) s'en sortent mieux que les deux autres chevaux fjord et paint. Mais 4 exemples ça ne me semble pas suffisants pour faire une généralité.

Pour le type de sol, je ne suis pas convaincue non plus. Bien sur, la différence entre le type de sol où les chevaux vivent et celui où ils sortent en balade peut être source de malaise. Mais dans le cas de Val, le seul moment où ses pieds ont été quotidiennement en contact avec un sol dur et irrégulier, n'a pas été une évolution positive, au contraire, ses pieds subissent trop d'agressions et se déforment au lieu de se renforcer. Alors que même vivant sur sol mou, elle n'avait pas de sensibilité en balade sur sols durs.
De même j'ai entendu parlé d'un cheval vivant dans le Sud Est qui est incapable de vivre pieds nus dans son pré car trop abrasif, ses pieds ne se font pas au sol et il est dans une spirale négative : douleur = pas de mouvements = pas de sollicitations = pas de pousse = douleur, etc...

Donc dans les critères qui influent sur la sensibilité je mettrais :
1- conditions de vie : plus il y a de mouvement au quotidien, moins le cheval est sensible. Vie en groupe, espace de vie le plus grand possible et nourriture pauvre et à volonté sont donc les premiers éléments sur lesquels influer.
2- le parage : inadapté il rend le cheval sensible de façon temporaire, mais visiblement ça peut aussi le rendre sensible de façon chronique. A l'inverse le manque de parage n'a pas l'air de jouer sur sensibilité, mais on observe que les chevaux sans parages ont des problèmes d'aplombs et de membres sur le long terme.
3- la génétique : échantillon trop petit, il faudrait le confirmer avec plus d'exemples.

De ce qui n'est pas de mon expérience mais me semble aussi logique, j'ajouterais :
4- le surpoids : 60 kg en plus (environ le poids d'un cavalier léger ou embonpoint) aggraverait réellement une sensibilité.

Je trouve ça intéressant de voir que de mon expérience, le manque de parage ne joue pas sur la sensibilité, mais à l'inverse que les mauvais parages qui entraînent des douleurs à court ou long terme selon leur occurrence. Cependant les chevaux laissés peu ou pas parés finissent par développer des défauts d'aplombs entraînant des surtensions dans les membres (molettes tendineuses par exemple). On peut donc aborder à nouveau la question que l'on se posait départ avec plus d'éléments de réponse : les douleurs liées au parage sont-elles un mal nécessaire ? 

lundi 18 avril 2016

alerte pieds

antérieur gauche

J'ai paré en urgence Val ce weekend, car elle se coinçait beaucoup de cailloux dans la ligne blanche. En réalité il y avait urgence, car c'est bien la paroi qui s'étire en externe de tous les pieds. J'ai refait un roll plus prononcé pour supprimer l'appui sur ces zones fragilisées et j'ai rebouché les trous les plus importants avec du field past (produit spécial pourriture de fourchette profonde). En espérant que les étirements disparaissent rapidement. Val était un peu sensible suite à ce parage alors qu'habituellement quand je refait le roll, elle ne marque pas spécialement de douleur.

Je pense que ses pieds habitués depuis des mois au box et au goudron de la route où je la sors en main n'ont pas supporté les gravillons du chemin qui mène au paddock et que les chevaux font deux fois par jour.

lundi 11 avril 2016

la glandouille


Les semaines deviennent de plus en plus chargées de mon côté et nous ne restons pas sur Meaux les weekends, autant vous dire que je ne vois plus beaucoup Val. Du coup quand je vais aux écuries, c'est grosse glandouille, je la laisse surtout brouter et on marche un peu. Grâce au changement d'heure, les soirées sont éclairées et on profite de beaux couchés de soleil.

Côté paddock, visiblement ça se passe bien. Val n'est pas toujours sage mais elle ne s'est pas re-blessée en faisant la folle. J'essaye de me dire que la ridiculement petite taille du paddock limite son imagination à défaut de limiter ses envies. Elle n'est plus droguée, ses incartades durant quelques secondes une à deux fois par jour et allant en diminuant. Je me dis qu'elle continue sa ré-éducation toute seule en remettant son articulation en fonctionnement sur autre chose que du pas et des cabrés, maintenant elle peut galoper sur place, faire des pirouettes, lancer des coups de culs, etc... Pas sur que ça soit le plus conseillé pour son articulation, mais se sont maintenant ces seuls exercices quotidiens.