Privée de trains, j'ai pu pas aller travailler un jour où 40cm de neige sont tombés dans la nuit. J'ai donc décidé d'aller voir Val à pieds. Une magnifique balade de 2h dans la neige.
une belette gelée
Val tremblait quand je suis arrivée, donc séchante et petit tour à pieds. En fait je suis vite montée. C'était tout autant magique !
Je suis tombée un peu par hasard sur le profil de Val sur le site de l'IFCE. Ce site est extrêmement bien fait ! Il y a des tonnes d'informations sur les ancêtres et le profil génétique de chaque cheval.
Alors il y a évidemment l'arbre généalogique classique :
Où on apprend tout de même que la Val a de très belles origines, on peut remonter jusqu'en 1850 ! Je ne suis pas sure de pouvoir en faire autant avec mes ancêtres! Pas de grandes découverte pour moi, je savais qu'elle "avait du Persik" du côté de sa mère comme beaucoup de chevaux de lignée d'endurance en France.
De l'autre coté moins prestigieux de ses origines, on peut voir qu'elle a sans surprise 88% d'arabe, le reste est pour le moins surprenant : 6% de ONC, 3% de Selle Français/ Demi-sang et 3% de Pur Sang!
Autre statistique intéressante, le site de l'IFCE calcul le pourcentage de consanguinité du cheval.
J'ai donc appris que ma jument avait 0,45% de consanguinité (0.21% en moyenne chez les demi-sang-arabe). Ce qui parait important.
Donc j'ai re-regarder son arbre généalogique avec plus d’intérêt et effectivement, on retrouve des deux côtés le magnifique étalon Naseem néé en 1922. Il est du côté de la mère de Val, l'arrière grand-père de Persik (lui-même l'arrière grand-père de Val) et du côté du père de Val, l'arrière grand-père de Diarex, le grand père paternel de Val. Je vous ai sans doute perdu ! Mais l'IFCE fait des jolis petits diagrammes en toile d'araignée qui résument les ancêtres les plus présents. Dans celui de Val on retrouve bien une pré-pondérance de Persik, Negatiw (fils de Naseem, grand père de Diarex) et Naseem.
Un peu de photo tout de même :
Naseem, néé en 1922
Le fameux qu'on retrouve des deux côtés et qui fait la consanguinité de Val. C'est un étalon néé au Haras de Crabbet Park en Angleterre. Cet élevage commence en 1878 quand Ann et Wilfrid Scawen Blunt décident de partir en voyage au moyen orient pour importer de Syrie, Irak, Arabie Saoudite et Egypte des chevaux arabes et les élever dans le Sussex anglais. Naseem, est le fils de l'un des étalons reproducteurs le plus connu de Crabbet Park : Skowronek acheté en Pologne par lady Ann Blunt en 1913 dans le but d'apporter plus de finesse à son élevage (l'arabe dit Shagya est issu des chevaux arabes élevés par l'empire Austro-Hongrois pour son armée). Il fut acheté à son tour par les soviétiques dans le but de relancer leur élevage de chevaux arabe à Tersk dans le Caucase après la Révolution populaire.
Negatiw, fils de Naseem, néé en 1945
Negatiw est un des fils de Naseem né au Caucase à Tersk. Vendu à la Pologne.
Le célèbre Persik, néé en 1969
Persik est quasiment l'étalon fondateur de l'élevage français de pur sangs arabes de courses d'endurance français, du fait de sa sur-utilisation des années 70 à 90 par les éleveurs. Il est le père, grand-père et arrière grand père de très nombreux gagnants en raids nationaux et internationaux, ce qui lui confère en 2000 le titre de meilleur étalon reproducteur d'endurance. Né en 1969 à Tersk dans le Caucase Russie, c'est l'arrière petit fils de Naseem. Il n'est pas particulièrement rapide sur les courses de sélection faites par les Russes sur les jeunes chevaux. Il est donc vendu aux enchères à 4 ans. Là il est acheté par un éleveur français de Haute Garonne, puis par le Parc National des Cévennes, dans le but de développer le tourisme équestre et de le croiser avec des juments locales (mérens, ONC, etc...). Le Parc créé aussi à cette même période une course sur le modèle de la Tevis Cup Ride, ça sera les 130 km, puis 160 km de Floirac. Persik gagne deux années consécutives (1975-1976) cette course avec plus de 20 km/h de moyenne. Ce n'est qu'à partir de 1988 que sa carrière de reproducteur est orienté exclusivement pour les juments arabes. Il est mis à la retraite en 1991 et meurt en 2001 à 32 ans.
Diarex, néé en 1968
Du côté du père de Val, beaucoup moins d'informations. Diarex, son grand père paternel a bénéficié du sang Russe (comme Persik, il est l'arrière petit fils de Naseem), mais surtout des meilleures lignées Polonaises car Negatiw a été vendu en Pologne. Il a certainement été importé assez tardivement en France.
On fini tout de même sur une photo de la mère de Val, qui a gagné des courses d'endurance ce qui lui a fallu d'être achetée et exportée au Emirats Arabes Unis.
Pas de nouvelles depuis 6 mois, la honte ! Il s'est passé pas mal de choses en plus.
Nous avons déménagé à Chartres en Eure-et-Loir d'où je suis originaire. Val a intégré une petite pension qui fait de la rando et dont on profite largement des infrastructures, notamment du camion, pour sortir en TREC et endurances.
En bref résumé, en février Val s'est plantée assez profondément un cailloux dans la sole lors d'une balade. Ça a saigné lorsque je l'ai retiré, malgré la désinfection à la bétadine en arrivant à la pension, elle a fait un abcès qui a mis 15 jours à mûrir et encore plus d'un mois à guérir totalement. Elle a encore aujourd'hui un trou dans la sole là où l’abcès à percé, je dois encore beaucoup mettre les chaussures aux antérieurs sinon elle est sensible.
J'ai venu très rapidement ma selle de rando et j’ai mis plusieurs mois à en trouver une nouvelle qui satisfasse mes nouveaux critères (plus légère, plus mixte, mais avec un vrai pont arrière), et la morphologie de Val (dos très court max 50cm, gros bidon donc sanglage avancé, large devant mais dégarrotté, etc...). On a finalement trouvé notre bonheur chez Stubben avec la Scout qui bien qu'en modèle unique à 18 pouces, fait 50cm de long (elle serait tellement parfaite en 17"!).
Sauf que comme vous pouvez le constater Val est limite obèse à cette période. En sortie d'hivers, pour attaquer la belle herbe de printemps, ça craignait un max !
On a suivi plusieurs cours durant l'hivers, le but ne plus laisser Val courir, travailler les départs au galop (elle m'envoyait quasi systématiquement des ruades) et les actions de jambes isolées . Bref que des choses qui la font beaucoup chauffé et que je n'avais jamais eu la force d'affronter.
La vidéo n'est pas terrible avec la selle qu'on me prêtait qui avançait beaucoup ! Mais ça donne une idée du travail. On est repassé en mors aussi, car sur le side pull elle avait tendance à moins écouter les demandes de ralentissements. Gros travail aussi sur ma position, ne pas plonger avec les épaules!!
Ensuite on a eu de la neige et toujours beaucoup de pluie/boue.
De la même session que la vidéo, quelques photos due à notre photographe attitrée. Travail sur les variations d'allures au trot donc et l'incurvation, contre incurvation sur le cercle au pas. Par contre faut que je change de side pull, il lui remonte trop sur les apophyses et proche des yeux (la selle est bien trop en avant aussi).
Travail du moment en carrière : variations d'allures au trot, on profite du turbo de Val ! Elle me vole souvent quelques foulées de galop ce qui m'arrange et me permet de travailler aussi sur le fait de dédramatiser le départ au galop qui déclenche encore parfois quelques ruades et souvent beaucoup de mauvaise humeur.
Dimanche, nous avons participé à notre première course d'endurance. Le but était de tester cette discipline autant pour Val que pour moi.
Ça c'est super bien passé. M à fait super fait groom/chauffeur/coach toute la journée. Je suis plus ou moins partie en même temps que deux autres concurrentes. Val voulait absolument les doubler ça a été très pénible au début. Les terrains étaient super gras, gros avantage d'êtres pieds nus (sans hipposandales), on les a doublé dans les passages difficiles, elles nous ont redoublé dans les passages roulants. On a fait un bout ensemble sur le bitume. Finalement une des deux a déferré, donc je suis repassée devant. Val a lambiné un petit peu je l'ai mise au galop sur une belle ligne droite et c'était bon. Elle est restée au trot tout le temps, elle écoutait bien je faisais mes transitions dans les deux sens sans soucis et elle s'est réglée sur un petit trot de récupération dans les passages difficiles et un bon trot le reste du temps. Résultat on fini pile dans le temps pour 15 km/h. Comme j'avais un peu peur de m'être gourée j'ai ralenti à la fin. On est arrivée temps + 2 min. Cardiaque départ 44, à l'arrivée 45.
Par contre j'ai totalement pataugé en gestion de la carte et du temps. Heureusement que je suis partie au début avec les deux autres concurrentes qui m'ont montré le balisage et qui allaient à 15 km/h. Donc je me suis calée sur leur vitesse, même quand elles n'étaient plus la. Du coup à la fin on était bien niveau vitesse.
On est parti bien avant les résultats. On fini 21ème sur environ 25-30 concurrents. Un peu d'incompréhension et de déception, m'enfin le but n'était pas de faire une perf, juste de ne pas finir disqualifiées. J'imagine qu'on a un cardiaque trop haut et qu'il faut finir quasi à la seconde à 15 km/h pour être bien classé.
Val a voyagé comme une fleur et elle monte super facilement dans le van. C'est vraiment top en concours de ne pas avoir ce stress. Par contre elle à vraiment 30 à 50 kg en trop, c'était criant au milieu de ses compatriotes PSAr.
Si le résultat compte sur la saison 2018 on commencera pour une 40 km au printemps prochain avec plus d'entrainement (c'est pas dur, on n'en avait aucun!).
Pas grand chose à expliquer, juste 4 bouchons que j'ai récupéré, lavé, percé puis fixé sur le montant de l'abri d'hivers des juments. Il y a une des trois juments qui avait compris le concept dès la fin de l'installation, je compte sur elle pour instruire les deux autres (dont Val qui est parfois pas aidée).
Sinon l'occasion de vous dire que les chevaux à la pension sont passés au système hivernal : paddocks avec foin à volonté et abri paillé. Toujours très peu de temps pour Val, elle a l'air de bien le vivre, puisque comme on voit sur la photo, elle a tendance à se barrer quand je viens la chercher. Elle se laisse attraper mais le message est clair.