lundi 11 mars 2013

molette tendineuse, analyse


Valhanac a maintenant des fers...

Voilà, après la dermatophilose, Val a des molettes tendineuses sur l'antérieur gauche. Les molettes sont des tares molles dues à une accumulation de liquide synovial au niveau des tendons en général juste au-dessus du boulet. Ces tares sont des résultats d'une inflammation des tendons.

On distingue les molettes tendineuses qui relèvent donc d'un problème de tendons, des molettes articulaires qui révèlent un problème plus grave lié au fonctionnement de l'articulation.
Elles sont la plupart du temps bénignes et non douloureuses pour le cheval (ce qui est le cas de Val), l'important et de trouver et agir sur la cause de l'inflammation. Certains chevaux ont des molettes en permanence ou à répétition et vivent très bien avec.

ceci n'est pas Val, elle n'a pas de molettes articulaires

Le traitement est simple : anti-inflammatoires pendant 6jours (equipalazone dans la cas de Val), repos pour ne pas solliciter les tendons, marche et bandes de repos pour éviter les engorgements, et douches à l'eau froide (au moins 5m), tout ce qui est froid étant bon en cas d'inflammations. Je fais aussi des cataplasmes d'argile qui a aussi des vertus drainantes (les cataplasmes de choux ou des massages avec des huiles essentielles d'eucalyptus, genévrier, patchouli et romarin dans une base d'huile végétale peuvent aussi être utilisés).

Dans le cas de Val, pour mieux comprendre la cause, un petit retour en arrière est obligatoire :

A son arrivée en janvier, elle avait les pieds très longs, certainement pas parés depuis plusieurs mois. Donc dès qu'on a pu lui prendre les pieds correctement, elle a vu le maréchal, courant février.
Malheureusement ce maréchal lui a paré les pieds très court, comme "il le fallait" pour avoir de beaux pieds sans prendre compte du passé de la jument ni de mes recommandations. Résultat ce parage "traumatique" puisque brutal, a créé de nombreux désordres chez Val, notamment dans ses appuis. Cela s'est traduit par une légère boiterie sur le cercle à main gauche le lendemain, puis plus rien. Val allait au pré sans soucis et faisait toujours autant la folle, on ne s'est pas plus inquiétées, de toute façon il fallait surtout attendre que les pieds repoussent.
Quelques semaines plus tard, un engorgement était devenu récurrent au niveau de l'antérieur gauche quand on la sortait du box. Après une balade ou en rentrant du pré, cela diminuait fortement, mais l'antérieur gauche restait plus "gras" que le droit.

La véto devant repasser pour le vermifuge et le rappel de vaccins, je lui ai demandé de regardé l'antérieur gauche. Résultat : molettes tendineuses et donc le traitement du début (6 jours d'équipalazone, box et marche). Cependant nous n'avons pas respecté l'indication de la mise au box, Val a donc continué à aller au pré, avec la marche naturelle que ça implique, mais aussi les risques qui en découlent.

Malgré les soins, cette tare indique qu'il y a un problème au niveau des pieds sous-jacent qu'il faut résoudre.
Un autre maréchal est donc venu voir Val. En testant avec une pince à sonder et en regardant son déplacement, il décèle une gêne en mamelle à l'extérieur de chaque antérieur, cela étant plus douloureux sur l'antérieur droit (qui en plus à un évasement en interne, mais c'est un autre souci). Il pare très légèrement les antérieurs et découvre un hématome en pince de l'antérieur droit, ce qui est pour lui la trace d'une inflammation dans le pied. Val a donc en réalité eu mal à l'antérieur droit suite au parage trop court, elle a donc reporté son poids sur l'antérieur gauche. Ce dernier ayant eu aussi ses appuis modifiés par le parage, la surcharge a créé rapidement des frottements et une inflation des tendons, d'où l'apparition des molettes.
Le maréchal lui a donc posé une paire de fer à froid, pour qu'elle puisse à nouveau s'appuyer sur l'antérieur droit sans gêne et que le gauche puisse guérir.
Ces fers lui seront retirés à son prochain passage, quand la corne aura bien repoussée, l'on pourra alors re-envisager de la mettre pieds nus.

petit rappel : anatomie du pied

EDIT : la molette de Val a finalement disparue non pas comme indiqué par les vétérinaires et autres pro avec des fers et de l'equipalazone + box, mais avec tout l'inverse : passage au pré H 24, déferrage et parages très réguliers. A noter que Val engorge toujours très facilement des antérieurs, notamment si on travaille dans des sols trop profonds. Lors de sa visite d'achat, la vétérinaire m'a rassuré sur ce point, un excès de synovie dans les articulations, surtout chez les jeunes chevaux, n'est pas alarmant en soit, ce qui l'est, c'est quand l'excès (la molette donc) reste car ça peut être le signe d'une inflammation.


mardi 5 mars 2013

jument des bois, petit récap

grandes z'oreilles !


On avance doucement, on apprend surtout à se connaitre pour le moment. Je n'ai pas trop d'objectifs précis en tête et je pense que ça n'est pas plus mal au stade où l'on en est.

Petit récapitulatif :

En longe :
- cercler au pas et trot, galop en cours d'apprentissage
- envoyer sur plots, slalom, passages étroits : en cours
- changement de direction : en cours
- rappels et désengagés : ok
- reculer au contact et en suggestion : ok
- bouger les épaules et les hanches au contact et en suggestion ok à approfondir
- respect espace perso : de moins en moins
- flexions latérales et verticales : ok même du côté opposé
à venir : déplacements latéraux et aspirations, travail autour du montoir

Désensibilisations :
- stick : ok
- stick avec cordelette : en cours
- humain qui gigote : en cours
- bâches : en cours
- douche : en cours
à venir : tapis et selle

En liberté :
- cercle au pas et au trot
- changements de main
- rappel
- "jeux du chasser"
à venir : ce qu'elle voudra bien me donner :)

En extérieur :
- balade en main d'environ 3km au pas et au trot avec traversée village
- pouvoir passer dans le chemin-qui-fait-peur sans soucis : en cours
- pouvoir brouter n'importe où : pas acquis
à venir : agrandir la balade jusqu'à environ 6km, partir par le chemin-qui-fait-peur

Interrogations du moment concernent surtout le travail en liberté et le "jeu" du chasser. A la base je la chasse quand elle a une mauvaise tête ou qu'elle y met beaucoup de mauvaise volonté, mais elle a détourné ça en jeux, ça l'éclate que je la chasse puis de revenir à fond sur moi... Je ne sais pas encore trop comment géré tout ça, mais si je ne le fait plus, elle s'éteint totalement et devient ronchon...
La distance de sécurité s'étiole avec le travail en liberté... à côté de ça elle accepte de mieux en mieux mes demandes et me suit plus volontiers, alors je ne sais pas trop si je dois continuer à l'imposer...

Sinon côté soins on est repartit sur un souci côté pieds cette fois. Conséquence du mauvais parage de février, les appuis de Val ont été trop vite modifiés, et se sont ses tendons qui morflent. Résultat : molettes tendineuses sur l'antérieur gauche et début sur l'antérieur droit.
Véto est passé : anti inflammatoires, box, marche, douche, massages, argile. Surtout du repos forcé pour 6 jours...

jeudi 14 février 2013

dermatophilose




Valhanac est arrivée avec un joli cadeau cutané : une dermatophilose...

Derrière ce nom mi-barbare, mi-acidulé se cache une infection cutanée due à la prolifération de bactéries qui touche les chevaux immunodéprimés lors d’épisode pluvieux.

Aussi appelée « gale de pluie » ou « croutes de pluie » elle a la même origine que ce que l’on appelle communément la gale de boue (la vraie gale de boue étant due au développement d’acariens et étant rare). Ce sont les mêmes bactéries qui se développent sur la peau dans les lieux humides. Dans le cas de la gale de boue, c’est la boue qui joue le rôle anaérobique, dans le cas de la gale de pluie, c’est la pluie emprisonné sous un pelage en mauvaise état et mal entretenu. Les bactéries se développent dans le sillon des coulures de l’eau de pluie.
La dermatophilose équine est une infection bactérienne due à l’exposition d’une blessure aux moisissures. Cette maladie peut contaminer tous les chevaux et se transmet par la piqûre de puces ou de tiques, par les matériels de pansage et la sellerie.

Une fois que la maladie est détectée chez un cheval ou le troupeau tout entier, elle va rester en veille mais attend des conditions saisonnières favorables pour se manifester. Une fois qu’un cheval est contaminé, la maladie va se manifester chaque année.

La dermatophilose se reconnaît par des lésions dans différentes parties du corps du cheval. Vérifiez si le cheval présente une lésion quelconque surtout son dos ou sa croupe. La couche inférieure des poils est maculée de petites croûtes qui sont susceptibles de laisser des petites plaies saignantes de la taille d’un œuf lorsqu’on les arrache. La couche inférieure de la croûte est concave avec les racines des poils protubérants. Cette couche peut être couverte de pus jaune orangé. Le cheval atteint de la dermatophilose n’a pas de démangeaisons mais les parties affectées sont douloureuses lorsqu’on les touche.
On peut traiter la dermatophilose en mettant le cheval dans un environnement bien sec. Donnez-lui un bain régulier avec un shampooing antimicrobien contenant du chlorhexidine ou du povidone iode pendant la première semaine puis deux fois par semaine jusqu'à ce qu’il guérisse. Pour certains cas, des antibiotiques par voie orale ou une injection peuvent être vitaux pour le cheval.
Dans le cas de Valhanac, la maladie est très étendue, mais pas surinfectée. Elle était relativement facile à diagnostiquer puisque pas de démangeaisons mais une grande sensibilité au touché, cela écarte d’office les champignons.
La suspicion de teigne étant toujours présente, nous avons donné traitement en interne : dermogine. Ce produit contient principalement du  Griséofulvine antibiotique fongistatique (contre les champignons dermatophytes, qui aiment l'épiderme donc mais inefficace contre les bactéries).
A côté de ça, la mise au box de Valhanac lui a permis de trouver un environnement sec, qui a grandement facilité sa guérison. Elle a rapidement été au pré la journée avec une couverture imperméable.
En application locale, la première semaine pas grand-chose, les croutes trop douloureuses pour le soigner directement. Dès que j'ai pu, j’ai appliqué un mélange maison d’huiles essentielles antifongiques et antibactériennes car elles le sont quasiment toutes. Donc ça a été HE palmarosa + tea tree + lavande diluées dans de l’huile d’amande douce ou huile d'olive selon les stocks, avec ajout de HE de carotte pour aider à la repousse du poil et à la cicatrisation. Vous trouverez la recette ici : recette de l'huile anti dermatophilose.
Valhanac n’apprécie pas particulièrement les soins, ça reste des zones sensibles et douloureuses pour elle.
Par précaution nous lui avons aussi fait des shampoing à l'immavéral (contre les champignons dont teigne), qui n'ont servi à rien. Pour soigner une dermatophilose ce sont des shampoings avec un savon sans savons antimicrobiens (type septivon) ou à la limite à la bétadine scrub diluée qui sont efficaces pour éliminer les bactéries (microbes, bactéries = même combats, même armes).
A son arrivée : croûtes avec du pus dessous :

La semaine dernière : les croutes partent à toute vitesse laissant des plaques de peau sur lesquelles les poils commencent à repousser.



mercredi 13 février 2013

Val dans la neige

Val dans la neige, premières présentations...

mardi 12 février 2013

premières sorties




Val est une jument arabe, sa volonté à aller vite et nez au vent est donc assez forte. C’est aussi une jument très sensible et fine, les gestes brusques, les haussements de voix, tout prend des proportions plus grandes à ses yeux et elle y réagit très fortement.

Je me suis donc rapidement rendue compte qu’il fallait que je sois en permanence avec une énergie très basse, une voix rassurante et des gestes très mesurés.


En effet, lors de nos premières sorties en main, Val voulant avancer et moi voulant maintenir la distance de sécurité à tout prix, je me suis rapidement rendue compte :
- la distance de sécurité n'était pas totalement acquise dans les lieux calmes, c'est devenu ingérable avec le stress de l'extérieur,
- maintenir la distance de sécurité ne me permettait pas d'avoir une jument attentive à moi,
- la faire reculer en situation de stress, l'acculait et la pousser au cabré, comportement qui lui vient très facilement (au pré, en liberté etc...) 


Donc, j'ai manifestement grillée des étapes et mal appliquée les distances. J'ai maintenant plusieurs pistes de travail :
- rester toujours calme et mesurée, 
- tenter de bannir totalement les gestes brusques et réactions fortes,
- ne pas aller dans des situations stressantes si ça n'est pas acquis dans le calme : concrètement ne pas sortir du box tant qu'elle n'est pas calme et toujours hors de ma bulle, puis de l'écurie, de la carrière de la pension, etc... 
- essayer de diviser la difficulté en paliers accessibles. 
- augmenter la distance de sécurité, avoir quasiment la jument en bout de longe. Cela devrait me permettre de mieux arriver à la gérer si elle se cabre ou autre, et surtout elle devrait se sentir beaucoup moins agressée par ma personne et mes gestes si elle est plus loin. On gagnera en calme. De plus, après observation, quant elle est détendue, elle se met naturellement très loin. 
- devenir un élément rassurant pour elle, un repère, trouver des exercices simples et routiniers qui lui permettent de se détendre et de pouvoir se concentrer sur moi : travail en carrière en longe ou en liberté, recherches en cours.... 

lundi 11 février 2013

par où commencer ?




L'arrivée d'un cheval tout beau, tout nouveau, fraîchement sorti de sa pâture vous amène certainement à vous poser quelques questions....

Quelle direction prendre ?
Quels fondamentaux mettre en place ?
Quels outils utiliser ?

Et rapidement, vous vous questionnez sur le type de relation que vous voulez entretenir avec votre cheval... 

Vaste question !



Certains vous diront de commencer par établir un respect mutuel, qui commence d'abord par le respect de votre cheval par rapport à votre personne. C'est le cas de la quasi-totalité des méthodes dites éthologiques, où vous commencez inébranlablement par apprendre à votre cheval à faire attention à vous, puis à contrôler ses pieds. Evidemment, les outils utilisés, le stick et le licol éthologique, sont désagréables au cheval, dans le but de le faire réagir et céder rapidement.

D'autres pensent au contraire qu'il faut commencer par établir une belle relation avec votre compagnon équin. Qu'il faut se rendre agréable et intéressant à ses yeux et ce dès le début. Pour cela vous pouvez le motiver avec des exercices simples et accessibles, grandement récompensés. Mais aussi devenir un point de repère et une source de confort pour lui, le cheval étant naturellement stressé il cherchera et appréciera cette sécurité.

Comme souvent, la vérité se situe probablement dans un juste milieu entre renforcement négatif et renforcement positif. Entre poser un cadre sécuritaire et établir un lien de confiance et d'intérêt avec son cheval....

Tout un programme !