vendredi 28 septembre 2018

première démo





On a fait une démo à pieds lors de la fête du club début septembre. C'était un exercice très intéressant pour moi : comment donner un sens logique au globiboulga que j'apprend à Val ? 

C'était intéressant de parler devant des gens qui n'y connaissait rien (= les adultes accompagnants les enfants faisant les baptêmes de poney). 

J'ai commencé par dire que le travail à pieds se retrouvait dans toutes les formes d'équitation : western, mais aussi cadre noir ou l'école de Vienne avec les longues rênes. Que ça servait à expliquer au cheval les règles pour bien vivre avec les humains, ensuite à mettre en place les codes pour le monter. Pour un cheval ça n'a rien d'évident de vivre dans un monde d'humains, il doit tout apprendre à zéro, rien n'est logique pour lui (typiquement l'immobilité). Donc ça commence par ne pas les écraser/bousculer les humains, mais ça comporte aussi des exercices pour qu'ils comprennent qu'il y a des choses dans notre environnement qui ne les concernent pas et auxquels ils ne doivent pas répondre (gestes, matériels, etc...) pour leur confort et le notre. L'argument du cheval qui doit apprendre à vivre avec les humains + "la plupart des accidents avec les chevaux ont lieu à pieds" à très bien marché sur les gens.

Après j'ai présenté 2 méthodes de travail : le clicker et le renforcement négatif avec la version américaine (qui était en fait autant du VSV entre la bulle perso et le mené). 

J'ai aussi dit que les méthodes c'était tout autant pour les chevaux que les humains car on "parle" beaucoup sans le vouloir avec notre corps et les chevaux qui lisent très bien ce langage n'y comprennent rien ! Donc qu'il faut aussi apprendre à maîtriser son langage corporel. Les chevaux comme sont en recherche de confort, vont naturellement être à l'aise avec ces personnes dont ils comprennent bien le langage et assimiler les règles de vie communes.

Puis l'application aux exercices de TREC, mais ça n'a pas bien marché comme je ne pouvais pas courir devant comme on doit le faire en TREC et que Val dormait (littéralement! bon au moins une bonne démo du cheval serein et sécuritaire !). En liberté elle voulait absolument se rouler, du coup j'ai préféré m’interrompre et lui donner l'autorisation pour garder la face^^ Fin sur un garage au montoir en liberté.















mercredi 25 juillet 2018

stage d'observation avec l'association Sciences Équines et Hélène Roche

photo : Hélène Roche
  
Le week-end dernier, j'étais du côté d'Angoulême avec l'Association pour le développement des Sciences équines, dont je suis adhérente, pour un stage d'observation avec l'éthologue Hélène Roche.

Le stage s'est déroulé aux écuries de Chantemerle, une des première pensions avec paddocks sur pistes faite sur le modèle du "paddock paradise" de Jamie Jackson en France. Le principe est de faire circuler les chevaux dans des couloirs en terrain varié dont les points d’intérêts (eau, foin, etc...) sont éloignés le plus possible les uns des autres, les prairies n'étant accessibles que ponctuellement pour permettre une rotation des parcelles. C'est un cadre magnifique, où les chambres d'hôtes sont aussi bien aménagées et conçues que les paddocks des chevaux. Davina la propriétaire des lieux est d'une énergie et d'une bienveillance sans failles.

écuries de Chantemerle

Nous étions donc une dizaine de membres de l'Association, le but du weekend était de corréler les données GPS avec des observations de terrain. En effet l'association a mené l'an dernier une étude sur les déplacements des chevaux au pré et récolter énormément de données GPS dont seuls les kilométrages ont été exploité pour le moment. 

Pour cela Hélène Roche nous a fait un exposé samedi matin sur les objectifs du weekend et sur l’identification des comportements à observer. Ensuite nous avons équipé le groupe de juments de GPS et observé durant 1h30, par binômes de deux et avec les explications d'Hélène, leurs comportements. A la fin de la cession, nous avons sorti les données des GPS et cherché des corrélations entre les données et les observations. 

explications d'Hélène Roche durant la première cession d'observation

Là nous avons eu un temps de réflexion et d'échanges sur les observations. La première question que nous nous sommes posé était : comment mieux les cibler pour mieux comprendre ce qui fait la différence de kilométrage entre deux chevaux évoluant dans le même groupe et les mêmes conditions de vie ? En effet, les résultats de les résultats de l'étude GPS de l'an dernier ont montré une corrélation entre les kilomètres parcourus et la taille du pré (plus un pré étant grand, plus les kilomètres étaient importants). Cependant dans un même troupeau il y avait des différences parfois significatives entre les individus sans que ça soit lié à leur âge, leur sexe ou leur taille. Les troupeaux se déplaçant ensembles (sauf quelques rares cas qui restent isolés), la question était de savoir à quel moment les écarts de kilomètres se creusent entre les individus ? Il y avait plusieurs pistes pour répondre à cette question : les différences de caractère, de hiérarchie, de façon de manger ou de se déplacer, etc... Nous avons choisi de nous demander si les chevaux faisaient plus de kilomètres en mangeant, ceux qui choisissent plus leur nourriture par exemple, ou si les chevaux font plus de kilomètres dans les déplacements, ils se déplacent plus loin, plus vite que les autres. Dans les observations, nous pouvions différencier les deux types de marche. La première dite "marche exploratrice" permet au cheval de se déplacer de quelques pas entre deux touffes d'herbe, il a donc la tête basse, souvent il mastique. La seconde dite "marche active" dure plus longtemps et le cheval a une attitude plus active : tête haute, meilleur engagement, etc.
Cependant durant nos premières observations, nous avions eu des difficultés à différencier les deux types de marche, les différences étant rarement aussi tranchées. Nous avons donc convenu de ne plus noter les marches exploratrice, qui ont été englobé dans l'activité "pâturage", mais seulement les marches active, dont nous avons fixé le seuil minimal à trois foulées de pas.

comparaison des données GPS et observations terrain

Le samedi après midi, nous avons refait une cession d'1h30 avec les juments en les déplaçant dans un pré pour mieux voir les comportements liés au pâturage et à la marche active. Puis nous avons sortis  et analyser les données. La bonne nouvelle est effectivement nous pouvions corréler nos observations de marches actives avec les données de vitesse des GPS. Nous avons même pu retrouver et différencier des traces "parasites", par exemple quand les juments avaient levé raidement la tête (le GPS étant fixé sur la nuque) pour observer au loin ou chasser une mouche. 
Une des membres de l'association a cherché à compter le nombre de pas effectué par chaque individus, en les comptant sur des cessions de 10 x 1 min. Les résultats étaient là aussi étonnants, les variations étant parfois très fortes entre différents individus. 

deuxième cession d'observation des juments au pâturage

Samedi soir, nous avons eu une présentation d'Hélène Roche autour de la thématique « Ce que le cheval comprend de l’humain ». En expliquant chaque phase de la compréhension : perception, analyse, compréhension, chacune étant bien différente de celle des humains et variant d'un cheval à l'autre selon ses sens, son vécu, sa façon d’apprendre et de réagir. 

Dimanche matin, troisième et dernier session avec les hongres cette fois-ci. Nous reprenons nos observations et les GPS. A l’issue de cette matinée, Davina nous fera une visite du paddock paradise des hongres et nous expliquera sa démarche. La majorité des chevaux qu'elle accueil sont d’anciens chevaux en souffrance (physique ou morale) qui ont trouvé un lieu où se poser et vivre sereinement.

troisième cession d'observation, avec les hongres cette fois-ci

Ce weekend a été très riche en enseignements et en rencontres. Hélène Roche dont j'avais déjà suivi un stage de clicker l'an dernier est toujours aussi passionnée et passionnante. Là le sujet était très différent des théorie de l'apprentissage, nous avons eu des informations sur des sujets tout autre, ce qui donne un aperçu de l'entendu de ses connaissances. Je n'avais jamais fait d'observation "scientifique" d'animaux, c'est un exercice très intéressant que j'ai hâte d'appliquer à Val ! Car on observe des comportements parfois tout à fait différents de quand les chevaux sont manipulés. C'est aussi une exercice qui sous son apparente simplicité et passivité (on reste assis par terre à noter des listes interminables de comportements) est bien plus complexe qu'il n'y parait. Il ne faut pas perdre le fil, ni le cheval des yeux, garder beaucoup de rigueur sur des temps longs et bien analyser les comportements sans entrer dans l'interprétation, ce qui est extrêmement contraignant intellectuellement. Juste noter "marche active" sans chercher les raisons pour lesquelles le cheval a bougé est bien plus difficile qu'on ne le croit !
J'ai aussi eu l'impression d'être plongée au cœur d'un programme de recherche en cours d'expérimentation, toutes les questions soulevées par les premières cessions permettant d'affiner les suivantes. 
Les autres membres de l'association étaient aussi passionnants et les échanges pendant et entre les cessions très riches d'enseignements et de questionnements. J'ai hâte d'être à la prochaine rencontre (normalement en novembre).

mardi 24 juillet 2018

changement de pré et de coloc'

nouveau pré de Val

Un peu de changements cette semaine pour Val qui a changé de pré et de colocataire, la sienne étant partie en stage. Sa nouvelle coloc était seule depuis plusieurs semaines maintenant, donc totalement surexcitée quand on l'a mise avec. J'ai tenté une sortie en main de 5 min hier soir, mais la jument était trop énervée, j'ai eu peur pour elle, donc j'ai ramené Val. Travailler au pré va aussi être compliqué vu qu'elle empêche Val de venir me voir, c'est de bonne guerre étant donné que je l'ai séparé. Du coup on va être un peu coincées cette semaine.

nouvelle coloc'

lundi 23 juillet 2018

création d'un collier de chasse et d'un avaloir



Pour notre voyage de l'été dernier, j'avais fabriqué totalement un avaloir et un collier de chasse. Ces deux pièces d'harnachement nous été indispensables pour ne pas que l'ensemble du barda que Val portait ne tourne, glisse, avance ou recule au moindre mouvement de terrain ou de la jument. Effectivement même si la selle allait très bien, comme je montais très peu, il fallait stabiliser l'ensemble du matériel. J'aurais pu remplacer l'avaloire par une croupière, mais Val lève parfois beaucoup la queue, rendant son réglage quasi impossible.

Val entièrement harnachée vers la fin du voyage

Après comparatif des différents produits existants sur le marché, je suis arrivée à la conclusion que le cuir tanné végétal bien large était certainement le meilleur produit. Cependant l'ensemble avait un poids conséquent et était hors de mon budget.

J'ai donc cherché le meilleur compromis prix/praticité/légèreté/risques de blessure. J'ai trouvé des tutoriels pour fabriquer des avaloires en biothane. Le biothane est doublé de néoprène sur les parties amenées à être au contact du cheval, ce qui nécessitait des heures de coutures âpres (le biothane était un matériau très difficile à percer). Exit le biothane donc, je suis partie sur des sangles en néoprène particulièrement résistantes à la traction, très faciles à coudre et que l'on peut facilement acheter en magasin de bricolage. 

J'ai ensuite acheté des mousquetons, des anneaux et des clips en plastique, afin d'attacher et pouvoir régler les pièces entre elles et sur la selle. Les clips étaient la seule solution que j'ai trouvé pour ajuster les sangles, ils se sont révélés d'une utilité remarquable à l'usage. Ils ont en effet joué le rôle de fusibles en cas de surcharge ponctuelle (Val qui saute un fossé par exemple), se sont eux qui ont cassé et pas les coutures ou les mousquetons. Comme ils était extrêmement facile à changer (pas de coutures), peu chers et légers j'en avais dans les bagages et j'ai pu rapidement et facilement réparer durant le voyage. Et quand on est au milieu de la montée d'un col avec un collier de chasse qui vient de claquer, donc dans l'impossibilité de repartir sans réparer sinon la selle et le chargement allaient se retrouver sur la croupe, pouvoir juste sortir un clips et repasser la sangle dedans sans avoir à recoudre ou desseller, c'est extrêmement pratique ! Aussi, beaucoup plus accessibles et pratiques à ouvrir que les mousquetons, ils ont plusieurs fois servi pour desseller en urgence et là encore éviter plus de casse (dans les cas où toute la selle et les bagages avaient totalement tourné par exemple).

Enfin, j'ai doublé en vet-bed l'ensemble des sangles au contact de la peau de Val. La couture du vetbed est relativement facile et ne demande pas de minutie particulière, je la maîtrisais bien après avoir fabriquer les tapis. Cependant, cette étape a été longue car il y avait beaucoup de longueur de sangle à doubler.

L'ensemble a très bien fonctionné. Léger, très pratiques à mettre et retirer grâce aux clips, ils n'ont pas blessé Val grâce au vet-bed. Par contre le culeron de l'avaloir (partie qui passe sous la queue du cheval) a beaucoup souffert des déjections de Val, je devais le laver tous les soirs, le vetbed s'est abîmé et Val commençait à avoir la peau sans poils à cause des frottements à cet endroit à la fin du voyage. C'est une partie à reprendre avec de la sangle plus large et peut être moins de vetbed pour éviter qu'il ne soit trop sali et entraîne des frottements.


Le Tutoriel 

Matériel du collier de chasse :
- environ 3 m de sangle tressée polypropylène, largeur 25 mm,
- 1 anneau,
- 3 clips ou ajusteurs de sangle,
- 3 mousquetons,
- du fil (coton super résistant), aiguille, ciseaux,
- environ 3 m sur 25 cm de Vetbed,

Matériel de l'avaloir :
- environ 7 m de sangle tressée polypropylène, largeur 25 mm,
- 3 anneaux,
- 3 clips ou ajusteurs de sangle,
- 3 mousquetons,
- du fil (coton super résistant), aiguille, ciseaux,
- environ 7 m sur 25 cm de Vetbed,

La première étape est de prendre les mesures du cheval. Personnellement j'avais saucissonné Val avec de la ficelle à ballots. Etape importante aussi pour se rendre compte des hauteurs et possibilités de points d'attache sur la selle. On va voir que mes prototypes ont pas mal évolué au cours des séances d'essayage.

prises de mesures et première réflexion

Deuxième étape, une fois que vous avez défini vos longueurs approximatives, il faut coudre

Les coutures que j'ai faites sur la sangle sont les mêmes que celles que j'avais faites sur mes deux tapis pour le passage de sangle :

coutures en carrés des sangles

Pour le collier de chasse, j'ai sur trois longueurs de sangles égales (environ 20 cm chaque à définir en fonction de vos mesures), cousu d'un côté un mousqueton, de l'autre un clips. Ces longueurs font être entre les fontes de la selle et le tapis, elle doivent être suffisamment longues pour que les clips soit facilement accessible (hors des bagages avant). 

première étape relier les anneaux

J'ai ensuite relié chaque longueur à l'anneau central grâce à une seconde sangle, d'environ 40 cm de long, cousue d'un côté à l'anneau, et passé dans la partie réglable du clips de l'autre. Côté clips, j'ai donc simplement fait un "ourlet" sur la sangle pour éviter qu'elle ne puisse sortir seule du clips. Cette partie de sangle est la partie réglable et sera en contact avec la peau du cheval, elle va donc être doublée en vet-bed.

deuxième étape, relier à l'anneau central la longueur

J'ai ensuite répété l'opération symétriquement pour l'autre montant du collier qui s'attache aux anneaux de chasse de la selle.


couture du deuxième montant

Puis j'ai relié de la même façon, mais avec une longueur plus courte, d'environ 20 cm, la dernière partie qui s'attache à la sangle à l'anneau central. Vous remarquerez que j'ai choisi un mousqueton différent pour cette partie, il est plus résistant et surtout il me permet de visualiser le sens du collier.


assemblage de la dernière partie du collier

Premier essayage, le collier tombe bien, mais il est trop haut sur le poitrail et les partie clips latéraux tombaient mal sur les épaules à des points de frottements où il fallait impérativement doubler la sangle de vet-bed.

premier essayage

Deuxième essayage, j'ai raccourci la longueur attachée à la sangle et les celles avec les mousquetons s'attachant au collier de chasse et j'ai commencé à doubler en vet-bed. 


deuxième essayage



Pour l'avaloir, les étapes sont les mêmes. J'ai d'abord cousu les 3 longueurs avec les mousquetons et les clips s'attachant sur les anneaux de la sangle et l'anneau arrière de la selle. J'ai plus fait attention à aux longueurs pour que les clips ne tombent sur des zones de frottement (dans l'idéal, qu'ils soient encore sur le tapis). Je les ai ensuite reliées aux 3 anneaux, 2 latéraux, 1 sur la croupe avec d'une côté une couture, de l'autre la partie qui passe dans le clips. Ces longueurs se sont pas mal rallongées avec les essayages, pour que les liaisons entre les 3 anneaux tombent bien sur la croupe et pas sur les flancs. Enfin j'ai relié les deux anneaux latéraux avec le culeron (partie sous la queue) avec 2 coutures simples et l'anneau central avec les anneaux latéraux de la même façon. Pour toutes ces pièces je ne pourrais pas vous donner les mesures, il faut voir en fonction de votre cheval.

premier essayage : l'avaloire est trop haut et les anneaux
latéraux trop avancés
deuxième essayage : j'ai attaché les mousquetons latéraux à la
sangle et j'ai rallongé les sangles latérales

Je n'ai pas de photos avec le doublage du vetbed parce que j'ai fini la veille au soir avant de partir ! La technique du doublage était très simple, j'ai juste refermé sur quelques centimètres le vet bed de chaque côté de la sangle et fait une couture simple qui a très bien tenue. 

Pour retrouver le tuto du couvre selle en mouton, qui a aussi bien servi pendant le voyage, c'est ici.

lundi 16 juillet 2018

travail à pieds et gué

sortie au gué

Depuis quelques temps je suis moins disponible pour Val (bientôt la fin!). Quand je vais la voir, nous faisons une petite séance en longe qui se fini bien souvent par un bain de pieds dans le gué voisin de l'écurie. Samedi j'en ai même profité pour faire ma lessive. 

Ce retour à pieds me permet de voir que les choses ce sont détériorées. Depuis quelques séances je n'hésite plus à réellement monter en phase sur les exercices bien connus mais qui ont perdu en précision et dynamisme. Je m'aide beaucoup du groupe facebook de défis d'étho pour piocher des idées et essayer de suivre les défis en cours. Pas facile de suivre le rythme ! Chaque exercices demande une reprise assez importante des basiques, donc ça nous prend beaucoup de temps. C'est très intéressant car ça fait bosser pleins de choses différentes pas suffisamment acquises. Je découvre par exemple que Val est incapable de passer une barre au sol ou de tenir un cercle sans assistance au galop. Bref y'a du boulo !

mercredi 11 juillet 2018

avoir son cheval chez soi entre rêve et réalité



Qui n'a jamais rêvé d'avoir son cheval sous ses fenêtres quand il réveille tous les matins ? Je pense qu'on peut dire sans trop s'avancer : tout propriétaire d'équidé !

Avant toute chose, je trouve qu'il est intéressant de se demander pourquoi vivre avec son cheval est devenu un objectif rêvé pour beaucoup ? 
Il est possible que l'évolution du cheval en animal de compagnie est poussé beaucoup de propriétaires à vouloir vivre avec eux. Nombre d'entre eux rêvant de s'aménager un petit coin de paradis commun pour eux et leurs chevaux. 
L'on peut aussi vouloir vivre quotidiennement sa passion. Au-delà de simplement monter à cheval, vivre avec son cheval change totalement le rapport que nous pouvons entretenir avec lui. On devient ainsi la personne qui lui donne à manger, le sort, le rentre, le couvre, le bichonne, bref la personne qui gère sa vie et donc lui devient indispensable.  

Aussi il est vrai qu'il est extrêmement tentant de vouloir donner à son cheval le mode de vie que l'on pense être le mieux pour lui. Et comme bien souvent les pensions ne sont qu'une approximation plus ou moins éloignées de ce que l'on voudrait  pour son cheval, l'avoir à la maison permet de s'approcher au plus près des conditions de vie que l'on pense idéales pour lui. Il existe autant d'idéaux que de binômes propriétaire/cheval je pense, donc le seul moyen de les atteindre est de les mettre en application chez soi.

la maison de rêve avec poney sous les fenêtres

Mais au-delà de ces objectifs plus que louables, la réalité est souvent tout autre, et les sacrifices comme les concessions à faire pour accueillir ses chevaux chez soi nombreux. Lors ma traversée de l'été dernier où j'ai vécue H 24 avec Val pendant 2 mois, j'ai eu non seulement le temps et matière à réfléchir sur la question, mais aussi eu la chance de rencontrer et dormir chez de nombreuses personnes ayant des chevaux chez eux.

un des bivouacs de l'été dernier

1- La localisation


La campagne est aujourd'hui loin d'être l'espace accueillant qu'elle est dans l'imaginaire collectif. C'est en effet devenu très largement un espace régi par une logique de productivité. L'été dernier j'ai vue bon nombre de propriétaires de petits coins de paradis en conflit avec les agriculteurs locaux. L'utilisation massive de produits phytosanitaires n'est pas une vue de l'esprit, mais une réalité extrêmement concrète pour les habitants des campagnes voyant les champs autour de chez eux régulièrement et abondement traités, avec toutes les conséquences pour la santé des milieux et des habitants que cela peut entraîner. Le pire étant atteint dans les polycultures et les arbres fruitiers, en particulier les vignes. Les agriculteurs, de leur côté, voyant d'un très mauvais œil la colonisation de leur espace de production par des néo-ruraux citadins et râleurs.  



Evidemment il existe quelques rares campagnes relativement épargnées par les cultures industrielles. Ce sont des coins très boisés, trop vallonnés ou dont les terres sont trop pauvres pour accueillir des cultures intensives et où l'on retrouve une majorité de pâtures. J'ai vue de tel paysages aux alentours de Cluny, les montagnes lyonnaises, dans le puy de dôme, le cantal et la Dordogne (ce qui colle plutôt avec la carte). 

ah la beauté des campagnes françaises !

2- L'augmentation des temps de trajet

En général pour trouver un petit coin de paradis suffisamment grand, à moins d'être millionnaire, il faut s'éloigner des centres urbains et bassins d'emplois. On peut partir sur des temps de trajet d'environ 20 min en voiture et jusqu'à bien plus d'une heure pour les grandes villes. Conséquence directe, l'augmentation des temps de trajet (les trajets quotidiens étant les plus soumis aux bouchons). En plus de la dépendance considérable à votre voiture et l’augmentation des frais annexes (réparation, carburant, etc...) qui vont s'y ajouter. Or dans le même temps, l'installation de toute votre petite famille humaine et équine va aussi vous demander plus de temps au quotidien. Vous vous retrouvez donc dans une situation où vous avez moins de temps disponible et plus de tâches quotidiennes à effectuer. Il va donc être très difficile de faire le "strict minimum" pour tout le monde, et encore plus de se dégager du temps libre pour simplement monter au travailler votre cheval. Surtout qu'encore une fois, faute de moyens, vous ne disposerez pas d'outils agricoles, notamment motorisés (tracteurs, manitout, etc...) adaptés. 

éloignement = augmentation temps de trajets

3- La réduction des espaces de vie et de contacts sociaux des chevaux 

Aussi, la réalité du marché immobilier va certainement vous amener à une seconde concession inévitable : réduire l'espace des chevaux. Vous pourrez difficilement avoir les 3 hectares rêvés, à moins d'habiter dans le Larzac. Bon nombre de chevaux chez des particuliers se retrouvent donc à vivre dans des prés ou des paddocks trop petits dans des conditions loin d'être idéales. A vous les joies du sur-pâturage et de la boue faute d'argent pour agrandir et stabiliser vos terrains. 


la joie des prés et paddocks pleins de boue

Vous allez aussi certainement vous retrouver avec une corvée et une dépense supplémentaire et pas des moindre : celle du foin. Là si vous ne disposez pas d'un grand râtelier et d'une machine pour apporter directement des ballots de plusieurs tonnes, vous allez certainement vous retrouver avec la gestion, le stockage et la distribution de petits ballots à caler dans votre planning quotidien. 


râtelier fabrication maison

Autre conséquence indirecte, la limitation du nombre d'équidés. Prosaïquement vous allez certainement finir par réduire à deux spécimens vos équidés faute de temps et d'espace. De là, le nombre d'interactions sociales possibles de votre équidé risque de drastiquement diminuer. En plus des complications voir des limitations de l'utilisation de vos chevaux liées à la gestion de leur séparation. 


gestion du stress de la séparation
4- le coût

Val a quasiment toujours été en pension pré avec un coût entre 180 et 200€ par mois. Ce prix comprend les installations et leur entretien (prés, clôtures, abris, carrière, zone pansage/douche, sellerie, club house), le foin, l'orge, l'eau et autres consommables du cheval, et enfin un certain nombre de services (surveillance à minima, soins si blessure, sortie du cheval de son pré si véto, maréchal ferrant, etc...). Il existe aussi des frais "cachés" comme l'assurance, la location et l'entretient des prés (azotage, hersage, fauchage, etc...). Ce dernier point est particulièrement intéressant pour les propriétaires qui sont dégagés de toute responsabilité tant que le cheval n'est pas sous leur surveillance. Nous avons par exemple été remboursés des frais vétérinaires lors de la grosse blessure de Val (certainement sur un abri de la pension). 

Quant on a ses chevaux chez soi, à combien nous reviennent-ils ? Il y a quelques années maintenant, nous avons eu l'opportunité de louer un pré avec quelques installations (abris-eau-sellerie) avec une autre propriétaire. Nous avons calculé qu'avec l'investissement des clôtures étalées sur 2 ans et l'achat du foin pour tout l'hivers, sans même parler des frais annexes ni compter notre temps de travail (distribution foin, soins, vérification des clôtures), il nous restait à peine 40€/mois pour la location des terrains si nous ne voulions pas dépasser les 200€/mois au global sur toute l'année. Donc pour être à minima aussi concurrentiel niveau prix qu'une pension pré, il ne faut pas dépasser les 500€/an de location ou d'achat. Et à prix égal cela ne compte pas tout le temps supplémentaire, les assurances et les garanties qui sont comprises dans une pension. Dans notre cas, nous étions très loin du compte, nous avons abandonné le projet très rapidement.


Conclusion

Si vous avec la chance de travailler chez vous, et si vous pouvez habiter dans un coin épargné par l'agriculture intensive, alors vous faites certainement parti de ces chanceux qui vivent dans une carte postale et pour qui avoir ses chevaux chez eux est un grand bonheur, voir un gain de temps et d'argent. 
A l'inverse, si vous ne réunissez pas ces conditions, je vous conseille de vous penchez à deux fois sur la carte postale pour ne pas voir votre rêve se transformer en cauchemar boueux pour vous comme pour votre cheval. Il est en effet fort probable qu'avoir votre cheval chez vous entraîne une perte en temps, argent et santé pour vous et pour votre cheval une perte en espace, confort et interactions sociale. Les deux ont donc objectivement peu à y gagner comparé à une pension, même si cette dernière est loin d'être idéale.

Cependant, si vous restez un éternel insatisfait des pensions et que vous voulez absolument gérer le quotidien de votre équidé, des solutions alternatives existent. Les pensions collaboratives notamment. Le principe étant que plusieurs propriétaires d'équidés partageant une même vision du mode de vie idéal de leurs chevaux mettent leurs moyens en commun. Elles s'organisent ensuite pour louer ou acheter des terrains, puis pour se partager le coût et les travaux d'installation et d'entretien. Ce système demande un investissement, notamment en temps, bien plus important qu'une pension classique, cependant les avantages sont nombreux pour les humains et les chevaux. 
Un exemple ici : http://alter-equus.org/temoignage-la-pension-collaborative/


pension collaborative type paddock sur pistes en Isère 

lundi 9 juillet 2018

petite pause




Je dois prochainement rendre un mémoire professionnel, peu de temps pour Val qui végète. L'idéal étant quand je peux écrire en la regardant végéter.

Val est ravie de cette pause, elle arrive toute hennissante à chaque fois que je me pointe, je crois qu'on peut définitivement dire que c'est une feignasse !

mardi 3 juillet 2018

il y a un an jour pour jour...


le grand jour du départ, Val est ravie!


.... nous partions sur les routes de France avec Val, un voyage qui a duré deux mois et 1290 km que nous avons vécues au jour le jour, kilomètre par kilomètre. Impossible de résumer cette expérience qui nous a profondément changée toute le deux, mais vous pouvez lire et relire notre blog :


mardi 26 juin 2018

l'équitation est-elle possible sans travail ?



Je voulais écrire cet article en réaction au blog d'un cheval l'autre de Pauline Barbier. Cette dernière cherche à concilier respect du cheval et pratique sportive de haut niveau. Je dévore régulièrement ses articles qui ne tombent pas dans un extrémisme ou l'autre mais cherchent au contraire une approche mesurée à la jonction de plusieurs pratiques, parfois contradictoires. Exercice d'équilibriste, oh combien difficile, dont elle se sort toujours grâce à un questionnement approfondi des sujets traités. Bref, je vous recommande !

Cependant l'approche de Pauline, a remis sur le tapis une problématique inverse à la sienne qui me taraude énormément depuis que je suis propriétaire de ma jument : l'équitation est-elle possible sans travail du cheval ?

Comme certainement pas mal de cavaliers-propriétaires, j'ai dû attendre d'avoir mon premier salaire pour pouvoir acheter et surtout assumer financièrement mon cheval. C'est donc dans un contexte de jeune active que j'ai pu assouvir ma passion pleinement. Cela a énormément influencé mon rapport à ma jument. Comme je travaillais toute la journée, elle est très vite devenue mon bol d'air, le moment où je m'aérais l'esprit, loin de toute forme d'obligations et de contraintes. "Ma jument, c'est mon loisir, pas du travail" est vite devenu mon crédo. J'ai donc très rapidement perdue toute volonté de travailler ma jument, et avec mes rares objectifs sportifs... Je parle bien ici de travail, à côté de ça, j'ai toujours éduqué ma jument. 

Pourtant, j'ai toujours accepté l'argument de travailler son cheval physiquement pour qu'il puisse porter convenablement son cavalier, activité en soit très éloignée de ce pour quoi il a été conçu. Cependant en plus de mes difficultés à concilier obligations de travail et de plaisir, mon entourage équestre (pourtant minimaliste et changeant) m'a mis une pression énorme pour que je travaille ma jument.  Et ce de nous débuts et jusqu'à sa blessure grave l'année de ses 6 ans. C'était vraiment une obsession : gérants, propriétaires-cavaliers, moniteurs, coachs ou autres professionnels (pareurs, MF, ostéo, etc...) n'avaient que le mot "travail" à la bouche ! J'ai extrêmement mal réagit face à cette injonction et Val qui était en pleine croissance aussi. Surtout que de voir cavaliers et chevaux sous-entraînés suer et se battre des heures entières dans une carrière poussiéreuse était loin de me faire rêver. Rétrospectivement je pense que le monde du cheval, y compris de loisir, est encore majoritairement dans une logique de "cheval de travail". Ce dernier devant payer par son labeur sa nourriture et son logement. Le fameux : "il doit travailler, je lui paye sa pension!". De notre côté, les poussées de croissance de Val et les sols trop profonds qui lui faisaient engorger les tendons nous ont définitivement poussé hors des carrières et de toute forme de travail suivi pendant plusieurs mois. Sa blessure venant mettre un coup d'arrêt total à toute activité. Cet épisode m'a aussi étonnamment apporté un grand soulagement, c'est à ce moment où j'ai réellement réalisé la pression que tout propriétaire de cheval montable porte.

voyage de l'été dernier

Avec sa rémission, je me suis remise à monter en gardant uniquement l'objectif de me faire plaisir, chaque moment grappillé étant déjà en soi une victoire. Petit à petit, je me suis rendue compte qu'elle avait recouvré ses capacités physiques, et nous avons ainsi pu effectuer notre voyage de l'an dernier. Avec son physique sont aussi revenues les questionnements liés à son travail régulier. En particulier l’automne et l'hivers dernier, en pleine possession de ses moyens après le voyage et très limitée par ses conditions de vie hivernales en petit paddock, Val est devenue difficile à gérer, mal dans son corps et mal dans sa tête. Je l'ai alors montée durant le mois de février dernier plus régulièrement et intensément, ce qui a radicalement changé son comportement, j'ai retrouvé ma petite jument. C'est à ce moment que j'ai (enfin) réalisée que Val est, qu'on le veuille ou non, une jument de sport, elle a donc besoin d'un réel entrainement régulier et sportif pour être bien physiquement et psychologiquement. Cependant, nous avons perdu en relationnel, Val n'aime pas travailler non plus, ce qui m'a longtemps conforté dans mon idée "d'équitation plaisir" pour toutes les deux. Quand je la sors uniquement pour la laisser brouter, travailler des exercices majoritairement statiques, etc... elle arrive au trot au pré en hennissant, par contre le lendemain d'une séance de travail monté en carrière, d'une balade plus poussée, ou pire le matin d'une compétition, elle se barre quand je viens la chercher...  

Val, cette sportive qui s'ignore

J'ai donc dû remettre en question l'équilibre que j'avais trouvé dans le fait de la monter peu et d'axer énormément son entrainement sur de grandes balades au pas pour lui entretenir une musculature/cardio correcte tout en gardant un côté agréable pour moi sans me prendre la tête sur la mise en main ou un programme d'exercices cohérents et progressifs. Val a une condition physique correcte, mais ce mode d'entrainement est très dépendant de ses conditions de vie et ne fonctionne plus dès qu'elle ne peut plus se dépenser autant qu'il le faudrait au pré (notamment l'hivers). 

Aussi elle garde le niveau de dressage d'un cheval de 5 ans et ne progresse absolument pas sur pas mal de sujets (départs au galop notamment). Cela ne nous limite pas au quotidien, mais je me suis retrouvée confrontée cette année avec les quelques compétitions que nous avons faites aux limites de notre travail. Notamment le petit galop. C'est un manque qui nous a énormément pénalisé sur les PTV des TREC auxquels nous avons participé. Surtout que le nouveau règlement creuse les écarts de points sur les difficultés faites au trot et non au galop. Mais aussi en endurance, Val galope beaucoup trop vite (plus de 20km/h) et "se crâme" au lieu de se détendre en restant aux alentours de 16-18km/h. 

Avec le temps, j'ai donc admis et constaté qu'il est nécessaire de travailler son cheval pour pratiquer sereinement toute forme d'équitation, même de loisir. Mais ma devise "ma jument, c'est mon loisir, pas mon travail" reste plus que jamais vraie. Ne prenant pas ou peu de plaisir dans le fait de travailler ma jument, je suis donc dans une forme d'impasse : je reste tout autant incapable de suivre un entrainement sérieux que de renoncer totalement à monter sur ma jument. Au-delà de la culpabilité, je dois admettre mes propres limites. Il est possible que le travail du cheval intéresse, voir passionne, quelqu'un d'autre